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exposition "AKIRFA FO TUO" par JACOBLEU

lundi 27 novembre 2006, par Akirfa Fo Tuo (Date de rédaction antérieure : 27 novembre 2006).

EXPOSITION « AKIRFA FO TUO »

POLITIQUEMENT INCORRECT

CITE INTERNATIONALE DES ARTS DE PARIS

DU 22 NOVEMBRE AU 2 DECEMBRE 2006

 

Mercredi 22 novembre 2006, il est dix huit heures. Nous sommes à Paris, 18 rue de l’Hotel de Ville, métro Pont Marie dans le quatrième Arrondissement. Des journalistes, des critiques d’art, des collectionneurs, des professionnels et des amateurs des arts visuels s’orientent vers la porte d’entrée de la Cité Internationale des Arts de Paris, salles d’expo 1,2, 3. Quel évènement se déroule en ce lieu? C’est le vernissage de l’exposition POLITIQUEMENT INCORRECT initiée par l’Association FARAGA que préside l’artiste plasticien et critique  Célestin KOFFI-YAO. La manifestation est soutenue par la Ville de Paris, la Cité Internationale des Arts de Paris et la Banque BNP Paribas.

Au cours des allocutions d’ouverture de l’exposition, le représentant de l’Association FARAGA, Eric GUETTEY a, au nom de son Président et de ses amis, présenté les motivations d’une telle manifestation et a adressé ses vifs remerciements au représentant de la Banque BNP Paribas, sponsor de l’évènement, et à Mme BRUNAU, Présidente-Fondatrice de la Cité Internationale des Arts de Paris. Cette dernière a pris la parole à son tour pour souhaiter la bienvenue à l’assistance venue nombreuse et elle a encouragé les artistes à persévérer dans le travail. L’artiste photographe ivoirien, Ananias Dago Léki qui vit en France depuis quatre ans est venu soutenir ses frères.

Les participants ont chacun, selon les besoins des spectateurs, donné à leur tour, leur point de vue sur l’évènement et présenté leurs travaux.

 

Pourquoi « politiquement incorrect »?  Parce que les organisateurs ont eu envie d’offrir un temps et un espace à des artistes qui ont des choses à dire, des idées à défendre, des signaux d’alarme à tirer, des cris à pousser et tant pis, ou tant mieux si cela fait mal ! D’ailleurs à qui cela ferait-il mal dans un siècle ou tout le monde fait semblant d’aimer tout le monde, ou les inconnus exposent à côté des professionnels, ou les expositions ne sont plus faites pour faire réfléchir mais pour énumérer et rémunérer? A quel moment le « politiquement correct » devient-il  incorrect?  Un artiste, lorsqu’il créé n’a pas forcément pour premier objectif d’être correct ou incorrect même si son propos est de dénoncer telle hypocrisie, telle usurpation ou telle aliénation. 

Ceux qui participent à l’ évènement « politiquement incorrect » relèvent de la catégorie  des artistes qui ont un pied dedans, un pied dehors ou les deux à la fois. Ils  alternent des expériences de vie et de travail sur le continent Africain, en Europe, aux Etats-Unis, plus rarement en Asie ou au Proche-Orient.

Ces « retours-allers » ne leur ont-ils pas aussi permis de mettre de la distance, physiquement et intellectuellement entre eux et leurs sociétés d’origine ?

 

En sont-ils plus informés, plus conscients, plus critiques, plus libres, plus engagés, plus « politiquement incorrects » dans leurs expressions plastiques? Chacun, à sa manière, effectue une relecture et puis, il faut être professionnels, car c’est l’un des critères de participation.

Sur la trentaine d’artistes attendus, quinze ont effectivement répondu présents. Il s’agit de Diadji Diop, Diagne Chanel, Fatima Binet, Fatna Benaïssa, Herve Gonçalves, Mario Lima, Issa Nyaphaga, Nourou, Pascal Héranval; et les ivoiriens Ahonzo T., Benjamin Brou, Elie Dro, Jacobleu, Koffi-Yao et Nguessan Kra. Leurs styles sont très variés et riches au milieu des sollicitations venant de différents horizons, hier « magiciens », aujourd’hui « rémixés » à la sauce technologiques,  matiéristes etc. Là, les matériaux, naturels ou chimiques, bruts ou travaillés, neufs ou récupérés, la symbolique des couleurs, le choix des formes et des techniques, corroborent le sens de l’œuvre, celle-ci étant entendue comme une production artistique globale qui résiste aux temps et aux modes. Ceux-là, inscriront leur nom au fronton de la postérité.

 

Les artistes qui participent à « Akirfa fo tuo » sont-ils des artistes « engagés »? Certains sont militants, d’autres éveilleurs de consciences, d’autres ne revendiquent rien d’autre que leurs souffrances ou leurs jouissances personnelles.

Diadji Diop "{Rwanda, mon Amour}"

Le sculpteur Diadji Diop joue avec le tambour, appelle à la danse et à la réjouissance, mais avec un couteau au flanc. L’Afrique rie, danse et s’égaie, mais le sang l’accompagne dans sa quête de liberté. Pourquoi? Il faut garder haut le flambeau et se mettre à la barre,  comme une sentinelle. Et il veut qu’on se souvienne  des pires massacres qu’a connu le Rwanda son amour.

 

Diagne Chanel est photographe. Maternelle, elle s’attache à l’enfance, à la pureté de coeur et de l’esprit, à l’innocence et à la vie, la vraie. Ses photographies sont douces, tranquilles et paisibles. Il y a en elle une quête de sérénité.  Très engagée, elle s’investi avec ses œuvres dans la lutte contre les mutilations et l’esclavage en Mauritanie et au Soudan. Retour aux sources? Dakar est perceptible sous un angle administratif et moderne. Son monde a elle est aussi instruit et se développe comme l’Europe qu’elle connaît, semble-t-elle nous dire. Elle réclame la lumière de la renaissance africaine et l’espoir d’un avenir plus équitable.

 

Avec Fatima Binet, ce sont des jeux d’ombres, des contrastes dans la nuit qui tombe et qui fait suite à une aurore  paisible de laquelle renaît une Afrique plus dynamique et épanouie. L’articulation des formes chez elle laisse comprendre sa volonté d’une organisation plus harmonieuse et cohérente de la société.

 

 

Fatna Benaïssa a, quant à elle, des mouvements libres. Les formes de ses personnages très expressifs, restent sans limites, sans cernes et  sans barrières. Elle aime la liberté et elle la revendique. Le contexte de ses origines islamiques qui interdisent toutes figurations ou representations sont une source de motivation plus grande. Elle veut pratiquer son art sans contrainte familiale, raciale ou religieuse. Elle veut tenir sa propre lampe, librement ! Elle part et vient sans s’arrêter. La lumière est grande. Le jour se lève sur la nuit et le temps suit son cours. Aura-t-elle raison ? Elle ne veut rien d’autre que se mettre au diapason d’une émancipation déjà amorcée.

 

D’origine togolaise, Herve Gonçalves, fait un retour aux sources avec des sculptures et des masques du royaume du Bénin. Des têtes d’Ife et des objets de pouvoirs royaux font l’objet d’une mise en portrait solitaire. Mais il se souvient également du sang des Noirs versé dans les champs de coton. L’ oeuvre a un  fond tout rouge avec des apparitions de fleur de cotons.  Il a conscience que l’Afrique est noble mais il sait aussi que cette noblesse n’occulte pas les blessures endossées et dont ont été victimes les peuples venus du continent noir. A quand la reconnaissance par l’Occident de son crime contre l’humanité par le biais de l’esclavage? Les tribunaux leur appartiennent encore et ce sont eux qui définissent les critères des crimes  à punir dans le monde. L’Afrique n’aura jamais raison tant que l’arbitre demeure le meneur de jeu de l’équipe adverse.

 

Mario Lima lui se veut messager de la paix dans un monde en proie aux troubles. Ses oeuvres qui traitent de la femme, de la mère et de l’enfant se présentent à nous sous des formes troublées, perturbées, rugueuses et encombrées. Malgré les apparences rassurantes, le monde va à la dérive et il faut en sauvegarder l’essentiel: la famille. Mario connaît son espace et l’existence humaine, lui qui est né au Brésil et qui réside à Paris pour exercer son art.

 

Issa Nyaphaga fait le rappel de certains héros pacifiques de l’histoire: Malcom X, Gandhi, Martin Luther King, Mandela, Che Guevara. Chez lui il y a une sorte de rage à vouloir dire que le monde doit connaître des gens qui n’ont pas baigné dans la corruption et la ruse face à leur peuple. Ils sont restés dignes face aux gains faciles et à la tentation. Face à l’indifférence, ils ont bravé les humiliations avec simplicité dans l’attente d’un monde plus juste et équitable. Aujourd’hui on établit, pour rendre le monde meilleur, des équilibres de la violence. On influence et soumet à coup de bombes et de matraquage télévisé. Sûrement, il y a des hommes qui sans agressions, ont changé le cours de l’histoire et notre monde actuel en a encore besoin.

 

Nourou « 32 ans, la rage dedans » peut on lire comme titre de l’une de ses créations. Il y a chez ce jeune artiste une fougue incontestable. Il sait jouer avec les formes, les couleurs librement, mais harmonieusement. Dans l’oeuvre ci-haut citée, un personnage tient un explosif en bouche dans un train. Il est l’objet d’un spectacle amusant, puisqu’ un autre personnage en costume allume une flamme pour faire exploser la bombe. C’est cela notre monde d’aujourd’hui. La déchéance, le désespoir et la mort. Et ceux qui sont sensés aider  à sauver sont plutôt les premiers  à enfoncer le clou et à renforcer le danger. Que tout le monde meurt ce n’est pas grave. Ils seront des sacrifices et le monde ne s’arrêtera pas pour autant. Cruel! mais c’est la triste réalité de notre époque. Nourou le sait et il veut que cela change, lui qui a des racines franco-béninoises.

 

Ahonzo T. est un artiste multidimensionnel et très engagé. Peintre, sculpteur et lissier, les sujets qu’il aborde sont en rapport avec la néo-colonisation et l’impérialisme des grandes puissances. Il n’oublie pas non plus de fustiger les dérives flagrantes dont se rendent comptables les gouvernants africains. Dans l’appât du pouvoir, il montre comment des Chefs d’Etat africains sont capables de tout, même du pire pour se maintenir à vie au pouvoir.

 

A partir d’une installation de pagne Nzassa Benjamin Brou s’interroge sur la place des artistes d’origine africaine dans la communauté mondiale des créateurs. Son message est interne et veut bousculer les principes de classification et d’orientation des arts d’aujourd’hui. Tableau contemporain noir est le titre de son installation.

 

Elie Dro reste rattaché à sa terre, son peuple, ses ancêtres. Ses oeuvres nous communiquent la force, l’énergie  qu’incarne le masque Dan. Il est de l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire, région reconnue pour son organisation sociale autour des masques. Le masque y est une Institution. Non pas seulement  le masque-objet, mais le masque-esprit, le masque-musique, le masque-danse, le masque-initiation, le masque-gardien. Dans la tradition Dan, le masque est visible en tout. Sans être Dieu ou homme, il est et demeure l’habitacle de l’esprit des ancêtres. Il est le pont de liaison entre le monde de l’au-delà et le monde terrestre. Et Elie DRO veut nous le faire savoir. Lui qui a la peine de constater que sa région est dévastée et pillée du fait de la crise militaro-politique en Côte d’Ivoire. Il en souffre et il en parle souvent. Le constat est clair. Au profit des réseaux mafieux, son héritage artistique et culturel est sournoisement exploité. Et puis après, d’importantes pièces se retrouvent dans des collections et des musées hors du continent africain. Quel repère aura la génération future qui pour s’instruire sur sa propre identité ira faire de la recherche ailleurs? L’Afrique est mal partie avec ses guerres pernicieuses que lui imposent les gardiens égoïstes des gros intérêts. Elie DRO a mal. Ses couleurs crient-elles suffisamment fort pour se faire entendre?

  

C’est ce que tente de faire Jacobleu en ayant une double casquette: celle du peintre et celle de l’écrivain engagé. Il est militant et non partisan. Il dit les choses clairement, sans faux fuyant. La société dans son fonctionnement global l’inquiète. Le monde est tenu par les plus forts et les plus rusés. Le peuple subit malheureusement sans broncher. Et même quand il peut crier, sa voix porte -t-elle le pouvoir libérateur nécessaire? Dans AU NOM DE MA PATRIE, son recueil de poèmes édité chez Aniss Editions à Abidjan, Jacobleu retrace des faits en rapport avec la crise en Côte d’Ivoire. Il questionne les africains en général sur leur avenir. Il s’insurge contre les puissances coloniales qui ont biaisé les négociations et les accords sur la réelle indépendance de l’Afrique afin de toujours la maintenir en position de faiblesse. Et il appelle donc à un  véritable éveil de conscience collectif de tous, Blancs, Noirs, Métis, « in » ou « out ». Mais il sensibilise  aussi à l’amour, à la paix, à la fraternité et au dialogue sincère entre les peuples. L’artiste scrute donc à la loupe les guerres au nom des religions et les actes les plus ignobles qui se passent sur la ligne de front aux yeux de la Communauté Internationale qui observe alors que le temps passe. Le livre et les oeuvres de Jacobleu sont complémentaires et sont présents à l’exposition « Politiquement  incorrec »t qui se tient à la Cité Internationale des Arts de Paris et l’intérêt n’y manque pas.

 

Koffi-Yao revisite à travers ses oeuvres l’histoire des anciens combattants africains maladroitement appelés Tirailleurs Sénégalais. Tous en uniforme, robustes et grands, la poitrine bardée de médailles, Koffi-Yao présente le ridicule qu’il y a derrière cette fierté de façade. Parce qu’en réalité, les conditions de vie des anciens combattants noirs n’ont jamais été à la hauteur de leur sacrifice pour la France et ses alliés. Ils formaient pendant les guerres mondiales et d’autres guerres dites de libération, les éléments de premières lignes, les indices de la présence de l’ennemi. Ils sont morts, tombés sur les champs de batailles qui ne les concernaient pas directement. Mais qu’ont ils reçus en retour, les survivants? Mourir de faim ou à petit feu dans leurs villages, ignorés et oubliés dans la misère. Payés deux cent fois moins que leurs compagnons de luttes européens, ils se targuent d’avoir des médailles, beaucoup de médailles! C’est leur trésor, et ils en sont fiers. Leur passe-temps, c’est de raconter leur  brave histoire, témoigner de leurs prouesses. Et après? Quels privilèges auront leurs descendants? La reconnaissance tardive dont ils ont droit aujourd’hui, montre combien de fois le sens de l’humanité manque aux politiques colonisatrices. Et puis combien restent-ils encore en vie  dans ce XXIe siècle naissant? Le monde est trop hypocrite. N’attendons surtout pas que la France fasse le rappel des arriérés de paiement à leurs ayants droits, leurs enfants ou petits enfants. Le miracle est peut-être possible. Koffi-Yao a mis le doigt sur un sujet d’actualité.

 

 

 

N’guessan Kra, chantre de la peinture VOHOU en Europe ne se laisse pas raconter les faits. Il suit l’actualité politique de son pays la Côte d’Ivoire avec force détail. Dans « le Cauchemar de Duékoué à Bassora ... de Bouaké à Bagdad... » Kra porte un regard critique sur les conflits dits d’établissement de plus de justice dans la société. En Côte d’Ivoire pour des problèmes dits identitaires et religieux, pour lesquels la rébellion a massacré des milliers de personnes afin d’ établir la justice, nous sommes aujourd’hui plutôt confronté à des questions d’intérêt plutôt politique et économique. Il faut avoir la main mise sur l’appareil d’Etat et les richesses du pays. Telle est la lecture qui ressort aujourd’hui des agitations des uns et des autres en conflit en terre d’Eburnie. Et c’est malheureux! Dommage que beaucoup de politiques ne comprennent pas encore que les temps ont changé et les mentalités des générations actuelles n’acceptent plus de se faire berner et roulé dans la farine.

Le départ de Saddam Hussein du pouvoir a-t-il rendu le monde plus juste? Les USA qui se sont appuyés sur cet alibi pour occuper l’Irak se rendent à l’évidence qu’il y a plus de victimes en quelques années d’occupations que pendant tout le règne de Saddam Hussein. Où se trouve la vérité? La vie humaine n’est plus sacrée. On tue tant qu’on peut obtenir une portion de richesse. Le système de rapport entre les Nations dominatrices et les peuples faibles est écoeurant. Malgré tout ce que disent les organisations des Droits de l’Homme, Kra sait que la loi du plus fort est toujours la meilleure. Il demande qu’on se réfère aux actions les plus nobles de nos athlètes, de nos inventeurs et de nos artistes. Le regard tourné vers la croix en noir et blanc en couleur il exhorte à plus de spiritualité et s’engage  pour une vie faite d’espoir et de partage. Merci KRA! Mais serez-vous entendu?

 

Pascal Heranval est ce qu’on appelle communément un batard. Et il le dit lui meme : « hier j’etais un batard, à present je le sais : j’appartiens à l’elite la plus noble du monde car je suis un artiste ». Pour lui cela n’a rien d’injurieux. Parce qu’il ne connaît pas son père qui est mandingue du Senegal et qui s’appellerait  Laurent Silva. Il l’a croisé une seule fois quand il avait quatre ans. Et puis il a grandi en Normandie (France) près de sa mère. Et puis après ? Plus rien !  il se retrouve devant un mystère qu’il veut élucider. N’ayant plus de repère, il part au Brésil avec l’espoir de se réconcilier avec ses origines africaines. Encore rien ! Il se rend à l’évidence que sa terre d’accueil, ou il a quand meme passé quinze années, ne le soulage pas dans sa quète de renouer avec l’Afrique, son père, sa vraie famille noire.  Il décide alors d’ user des moyens les plus « incorrects » possibles. Graphiste, peintre, photographe et musicien, il réalise des posters géants et des autocollants de lui meme qu’il  placarde partout, sur les bus, dans le metro, dans les lieux publics comme un « wanted » pour passer l’annonce à tous ceux qui pourraient éventuellement l’aider à retrouver son père.  Sans oublier bien sur de laisser son numéro de téléphone dont la messagerie vocale est claire :  « Je cherche des informations sur mon père perdu de vue.  Pouviez vous m’aider à le retrouver ? »

Sur la base de certains indices « sérieux », il prépare son retour à Dakar ou il espère enfin retrouver ses racines, son père ou dans la moindre mesure, les membres de sa famille paternelle parce qu’entre temps sa mère ne vit plus et il se retrouve « seul au monde », pour paraphraser le jeune et célèbre chanteur Corneille. Là-bas, Pascal Heranval a des projets. Il s’organise et imagine un nouveau dispositif d’approche. En plus des supports qu’il utilse déjà, il compte faire des badges à son effigie, des stickers pour voitures, un tampon postal avec son portrait. Il souhaite participer à une grande exposition d’art contemporain qui attirerait du monde et ferait grand bruit jusqu’aux portes de Gorée. Batard ? Pardon, Métisse ! « Nagadef » et bienvenue au pays de ses racines retrouvées.

 

 

Les œuvres présentées à ce premier festival, à la Cité Internationale des Arts de Paris, .sont donc impertinentes, polémiques, feutrées, mélancoliques, ludiques et suscitent d’abord des questionnements sur les rapports boomerang entre Homme et les diverses facettes (intellectuelle, politique, économique, sociale,…)  de la mondialisation avec leurs conséquences  (médiatisation, désinformation, destruction de l’environnement, xénophobie, racisme, esclavage ancien et contemporain, corruption, trafics, guerres, génocide) et la construction de mémoires.

 

De l’élaboration à la réalisation, ce projet anticonformiste, indépendant, irrévérencieux quant au bien pensé, au convenu, aux codes sociaux, politiques, moraux, culturels, nationaux ou internationaux, a été piloté et géré par de jeunes africains eux-memes «politiquement incorrects».  Vive la prochaine édition !

 

Paris, le 27 novembre 2006

Du Politiquement Incorrect , Jacobleu, artiste peintre ivoirien

jacobleu@yahoo.fr  /  0622843089

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